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 THE BLOODY THRONE — ERHEŸBE ROSEBURRY

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Azelÿah C. Wilks
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Arrivée à Edimbourg : 22/02/2016
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MessageSujet: THE BLOODY THRONE — ERHEŸBE ROSEBURRY   Sam 24 Fév - 13:46

ERHEYBE — Image faussée, que celle que lui renvoyait la surface réfléchissante, créature à l’allure vaniteuse inspectant le moindre défaut à la tenue exigée. Les phalanges immaculées de bijoux glissant à travers la chevelure savamment coiffée, tresse lâche formant une couronne bien simple autour du crâne fragile, quand le reste de la blondeur s’en voyait tout autant emprisonné. Le fard léger, pratiquement inexistant pour des lèvres à peine purpurines, bouton de rose à peine rehaussé. L’Erheÿbe aurait pu se sentir étrangère si elle n’avait été élevée à sauver les apparences extérieures aussi bien que celles intérieures, vilain petit canard capable de devenir cygne. Soirée exceptionnelle, pourtant trop rapprochée de la dernière à ses prunelles céruléennes, l’incitant à redresser la nuque tandis que la mère glissait un cordon de velours autour de son cou, achevant la fastidieuse préparation. Agréable à regarder, dans sa robe écrue dérivant jusqu’à la cheville, pieds emprisonnés dans les talons qu’elle n’appréciait que trop rarement, tentatrice telle la Jézabel par son port altier, fier. Le piège s’était refermé sur elle avant même qu’elle n’ait pu protester – invitation formelle du paternel auquel elle ne pouvait que partiellement se soustraire – l’obligeant à retrouver ses anciens quartiers pour se défaire des restes d’une traque à la créature indocile. Trop peu d’explications données, envoyée par la génitrice étrangère dans la salle de bain, langage chantant et ordres acérés. Elle avait pensé – à tort manifestement – qu’un souper était organisé dans la demeure rendue agréable par les peintures et bibelots d’ailleurs, néanmoins, le reflet renvoyé soumettait une toute autre idée. « Donovan ? » Trois coups portés à la porte, marque distinctive du patriarche, tout autant que le nom masculin par lequel il n’a jamais cessé de l’affubler. « Donovan, tu es prête ? » La poupée se redresse et déserte la coiffeuse, la paume appuyant sur la poignée de la porte pour laisser place à la réalité de la situation. « Tu es… Tu es exquise ma chère. » À peine un signe de tête en guise de remerciement, l’enfant n’est pas adepte de ceux-là. Ils conduisent à la vanité, détournent du réel chemin qu’elle se doit de suivre. Le frère pour unique chaperon, quand elle aurait cru encore une fois que leur aînée les accompagnerait. Sans doute sortaient-ils pour forger de nouvelles alliances ou en accroitre d’autres par le biais de fiançailles à arranger. L’idée ne serait guère étonnante après tout.

Mais déjà, la dévote glisse son bras sous celui du frère dont elle a prit la place dans le cœur du géniteur, tandis qu’ils avancent à travers la foule de faux-semblants. Ses prunelles esquivent sagement les silhouettes qui s’attardent sur elle, ses oreilles ignorent les murmures qui proposent déjà la rumeur d’un nouvel inceste au sein des pieux Rosebury. Ils font fi de ces bruits de couloirs, destinés à occuper la galerie, s’arrêtent parfois vers les têtes connues, esquissent les mêmes sourires et se joignent à la conversation. Si le frère se laisse aller à goûter l’alcool du moment, elle se contente d’une coupe de boisson non-alcoolisée, pétillante et rafraichissante, dont ses lèvres recueillent de temps à autres quelques gouttes, entre deux conversations. Peut-être la lampée est-elle plus longue lorsque ses iris croisent la silhouette de la damnation avortée, mais ne parvient à assouvir la soif ressentie. La face se dérobe, exalte une rougeur inquisitrice qu’elle évente du bout des doigts, à la recherche d’une fraîcheur qui ne vient pas. Elle n’a rien à se reprocher la pieuse enfant, si ce n’est l’illusion passagère d’un désir troublant. Le compte pour l’ambiance présente, mais déjà esquive la conversation, prétexte un besoin de rafraichissement, disparaît dans le cabinet de commodité destinées au sexe féminin. Ce n’est que là qu’elle peut expirer vraiment, évacuer la tension qui semble vouloir à tout prix naître et s’installer inconfortablement. Elle lisse ses lèvres d’agacement, toise le reflet qui ne lui ressemble pas ordinairement. L’inspiration lui donne le courage nécessaire dont elle ne manque pas en circonstances plus périlleuses. Pourquoi O’Hara aurait-il plus d’impact sur elle qu’un dragon enragé ? Il n’existe aucune réponse adaptée.

La voilà qui repart en chemin inverse, regagne la foule et dérobe une nouvelle coupe qui la gardera sage tout au long de la soirée. Le masque se replace tendrement sur son visage, tandis qu’elle retrouve son cavalier et de nouvelles conversations. Peu bavarde, elle se contente surtout d’écouter, acquiesçant de temps à autres ou laissant son rire s’échapper de ses lèvres. À la dérobée pourtant, son regard suit une ascension qu’elle ne tolère pas, d’un danger qui se rapproche d’elle, seul. Et plus ses pas le mènent vers sa direction, plus elle souffre d’un mal inconnu, graine qui s’approprie ses entrailles pour grandir, encore et toujours plus, extensible et incapable de s’arrêter. Ce n’est pas de la peur, elle connaît trop bien cette amie qui lui tient compagnie sur le terrain. C’est inconnu, bouillonne dans ses veines et lui donne des sueurs froides, c’est tout aussi doux à la fois et lui donne envie de franchir les mètres qui la sépare encore du plus dangereux des animaux. « Excusez-moi. » La fuite est pourtant bien meilleure solution, tandis que ses lèvres s’excusent et qu’elle s’éloigne, instaurant de nouveau une certaine distance bienvenue. Elle se fraie un chemin parmi les convives, en salue bien plus d’un et s’arrête le temps de quelques minutes, jusqu’à de nouveau devoir disparaître.

La fraicheur salvatrice finit par l’attirer sur l’un des balcons presque désert, là où les plus ingénus badinent, quand d’autres viennent seulement prendre l’air. Elle peut respirer la Rosebury, tourner son regard vers les étoiles et prier Merlin de lui venir en aide pour survivre à cette soirée. Elle ne pourra pas esquiver le bafoué éternellement, cruelle conscience. Elle ne s’explique pas l’égarement, pas plus que les pensées tournées vers lui lorsqu’il est à proximité. Mais déjà l’Erheÿbe se fige tandis que le magnétisme exercé lui confirme sa présence à ses côtés, ou plutôt dans son dos, chair exposée à n’importe quelle arme. Les mots glissent sur le derme, telle une lame menaçante, tandis qu’elle sent sa gorge s’assécher, et qu’elle cherche à étancher d’une petite lampée. « En quoi la présence d’un Rosebury est-elle si étonnante ? Il faut bien un berger pour rameuter un troupeau sur le bon chemin. » murmure t’elle d’un ton neutre, le regard fixement ancré sur l’horizon invisible. Il n’est pas question qu’elle tourne son regard vers la honte qu’elle ressent. Devrait-elle s’excuser de son comportement précédent ? Il lui semble qu’elle est innocente. « Étouffante, Monsieur O’Hara. Et à peine divertissante. Les conversations n’évoluent pas d’un iota, et la compagnie semble invariablement la même. » Ses ongles tapotent le cristal de son verre, quand son autre main repousse une petite mèche blonde de son front. Elle devrait partir, se dégager de cette situation inconvenante, mais ce serait irrespectueux. « Et vous-même ? Avez-vous trouvé satisfaction ? » La question est innocente, assurément, tout comme les mots sont de miel. Se rend-elle seulement compte de sa situation ?


Dernière édition par Azelÿah C. Wilks le Sam 24 Fév - 13:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: THE BLOODY THRONE — ERHEŸBE ROSEBURRY   Sam 24 Fév - 13:48

ERHEŸBE — Sentence annoncée, scandée sous le calme placide digne de tout O’Hara qui se respecte. Telle est la mise à mort prononcée par la lippe furieusement paisible du vis-à-vis. L’ongle cesse de martyriser le verre à moitié vide et les phalanges de la seconde se reposent sur la rambarde de pierre froide. De combien de déclaration de mort ou d’amour cette balustrade a t’elle été le témoin depuis son installation ? Celle-là n’est qu’une de plus, mais elle ne verra pas de supplique pour y répondre. La condamnée lève les yeux au ciel, observe une fois de plus ces étoiles que l’on ne regarde pas assez, certainement par lassitude de la même carte stellaire, infaillible. Elle ne ferme les paupières qu’un vague instant, repassant les mots dans son esprit ou est-ce la voix ? Cette voix qui lui arrache les frissons dont elle ne connaît guère l’origine réelle, insinuation douteuse et pourtant délectable. Repasse le chef d’accusation. Le mensonge. Jamais jusqu’à présent on ne l’avait accusé d’être une fieffée fabulatrice. Si elle profère des mots faux, qu’est-il alors, cet homme dont le toucher suffirait certainement à la perdre dans la déraison ? Blasphémateur. Infidèle cherchant Merlin seul savait quoi dans les bras d’une autre que l’épouse qu’elle savait encore belle et gracieuse, créature délicieuse à la conversation intéressante. Mariée oubliée ? Étonnamment, elle s’était laissée séduire, elle qui ne regardait ni les hommes, ni même les femmes. Elle l’avait laissé approché quand il n’était rien de moins qu’un ennemi dont il fallait se méfier plus que de la peste du gobelin. Trouble instillé dans son regard, curiosité malsaine sous ses mots charmeurs. Si elle n’avait eu ce moment de lucidité – l’Erheÿbe le savait parfaitement – elle se serait laissée aller dans les bras de son ennemi. Elle n’y connaissait rien aux jeux de la chaire, mais suffisamment pour comprendre que son innocence se serait perdue dans une étreinte éphémère et inutile. Ses cils battent plusieurs fois avant de laisser son regard se porter de nouveau sur le ciel éternel.

« J’imagine qu’il vous serait aisé de m’offrir ce collier de chair ? » Murmure t’elle à son égard, n’haussant en aucune façon la voix pour qu’aucun n’entende leur débat. Le regard toujours fixe, elle refuse d’accorder l’attention, se penche légèrement sur la balustrade pour y poser les coudes. Attitude désinvolte et dangereuse. « Sous votre égide, me voilà profanatrice. Vous m’accusez de manque à ma parole. Que vous ai-je promis qui puisse attiser ainsi votre courroux ? » Aucun contrat de signé, aucune promesse qu’elle n’a susurré. Elle s’en souvient. À peine l’accord tacite d’une séduction malavisée, et qu’elle ne laissera pas arriver de nouveau. « Je ne souhaite pas envenimer plus nos désaccords Monsieur O’Hara. » Elle ne serait pas porteuse d’une triste nouvelle pour sa famille. Les alliances sont fragiles, et les guerres tacites sont bien plus courantes qu’il n’y paraît.

L’impie jure d’autres mots, qui ne parviennent toujours pas à lui faire lever le regard vers sa silhouette. Elle voit pourtant du coin de l’œil qu’un couple déserte le balcon, les laissant pratiquement seuls. Peut-être vaudrait-il mieux en faire de même. Une jeune femme respectable ne reste pas seule trop longtemps en présence d’un homme. Inconvenance sociale. Étiquette dont en vérité, elle ne s’est jamais résolue à respecter à la lettre. Comment aurait-elle pu faire avec sa profession ? D’autre part, le paternel ne l’a pas élevé pour être femme, mais pour agir et réagir comme un héritier. Pourtant, son sexe est tel qu’elle se crispe légèrement face à l’abandon du maigre soutien. « Faites attention monsieur O’Hara, certains aveux peuvent très vite vous mener à la potence. » Susurre t’elle, Rosebury dans toute sa splendeur. Néanmoins, la jouvencelle bluffe, d’un ton neutre nonobstant amusé. Elle ne fait pas partie de ceux qui savourent le scandale ou se plaisent à regarder la lente agonie. La voilà qui déverse quelques gouttes de liquide légèrement rosée dans le fond de sa gorge, avant de reposer le verre sur le marbre, glissant bientôt sa tête entre ses paumes blanches.

Elle écoute, prend le temps de réfléchir. Entrer dans la danse d’un O’Hara n’est pas une mince affaire, personne n’en ressort jamais indemne. L’insolente n’est pas idiote et perçoit bien rapidement la menace qui lui est faite. Ce serait mal jouer que d’y répondre sur un coup de tête sans réfléchir aux conséquences. Aussi le ton se fait-il lointain, comme si elle se remémorait un souvenir. « J’ai fait face à un cerbère une fois. La pauvre bête s’était rendue folle pour une chose qu’elle ne pouvait avoir. On la jugée trop dangereuse, on m’a envoyé pour l’achever. C’était une belle bête, même moi je devais reconnaître cela, en dépit de la menace qu’elle représentait. » Elle n’achève pas l’histoire, ne tourne pas même le visage vers l’homme trop proche pour être ignoré plus longtemps. Instinct de préservation. Elle reconnait pourtant l'attraction qui la tenaille. « Le jeu n’en vaut pas la chandelle monsieur O’Hara. » Nouveau rejet, tandis qu’elle se redresse, laisse ses mains se poser sur le garde-fou qu’est la balustrade. Elle ne possède rien qui puisse intéresser réellement le cerbère qui se tient à ses côtés, ses relations sont maigres, le pécule moindre, et l’expérience inexistante. Elle reconnaît ses défauts sans avoir besoin d’y réfléchir. Elle souffre peut-être de le reconnaître, quand elle sent au fond d’elle ce poids qui se fait plus insistant, ce malaise grandissant. Elle devine le remède, il suffirait qu’elle consente, qu’elle pose le regard sur lui… Et elle serait perdue. « Je ne tiens pas à contribuer au blasphème d’un serment sacré. » Demi-mensonge. Elle sent ses jambes prêtes à flageoler pour celui-ci. Et les derniers êtres qui désertent le balcon, rideaux qui les coupent du reste du monde.
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MessageSujet: Re: THE BLOODY THRONE — ERHEŸBE ROSEBURRY   Sam 24 Fév - 13:50

ERHEŸBE — La Rosebury sait parfaitement qu’il n’existe qu’une seule issue possible pour se tirer de ce bien mauvais pas. Selon les Règles de la Bienséance, par Mrs Arabella Gardner, elle en possède la légitimité. Aucune demoiselle célibataire ne peut souffrir trop longtemps de la présence d’un homme dont elle ne souhaite pas la compagnie. Mais le souhaite t’elle réellement ? La raison pourrait bien lui souffler de suivre cet instinct, mais le palpitant lui… semble tout à fait désirer le contraire. Tel un aimant qui recherche son autre moitié, pour s’y plaquer avec impatience. L’Erheÿbe prend son temps pour décider de la meilleure situation à adopter. Elle se sent acculée dans une condition qui lui est inconnue, première dans une si courte vie. Elle est la bête chassée, non pas l’inverse, et son assaillant est à prendre avec autant de pincette que de ruse. Elle ne l’aura pas en frontal. Son rire est une caresse désagréable sur le moment, qui l’oblige à serrer les dents le temps qu’il passe, mais ce n’est pas agaçant, se surprend à vouloir en entendre le timbre encore. Inconcevable. La conversation se poursuit, elle écarte chaque menace déguisée sous le cachet de la vérité. L’héritière ne craint pas l’homme qu’elle se refuse à regarder de front. Pas de cette manière tout du moins. Le paternel lui a bien inculqué la leçon, aucun mâle ne saura s’approprier sa soumission. Elle répond en retour, sous cette même contrainte, tourne la langue sept fois avant de parler, implacable. Il rétorque le cerbère, grogne plus qu’il n’aboie. Elle esquisse l’aube d’un sourire, reconnaît sa petite défaite verbale avant d’hausser les épaules presque nues. On en revient à la convenance malgré tout, Miss Rosebury a remplacé son prénom de divinité infernale. Un point pour elle semble t’il, tandis que s’instaure de nouveau, cette bienséance qui leur a fait défaut. Elle ne rétorque rien, égalité sur le score trop serré. L’affaire est tendue de toute évidence, il faudra bien plus qu’une joute verbale pour réguler l’inimitié naissante.

Les mots sont calculés, perfides, d’une bouche à une autre, les deux menant un ballet cachant la bataille. Elle ne cherche pas l’attaque frontale, pas plus que lui, piques suffisamment placées pour le faire saigner autant qu’il cherche à le faire avec elle. Défense plus qu’attaque, sans qu’elle ne comprenne ce qu’il lui reproche exactement. Ne cherche t’elle pas à sauver son mariage après tout, en se refusant à ses draps et ses caresses ? Ne lui fait elle pas une fleur en sauvegardant le sacré ? L’homme ne semble percevoir que le côté négatif de la situation, sans même se soucier d’elle, sans même se douter que l’hymen conservé est tout aussi sacré que son mariage. Que gagnerait-elle à le lui offrir sans contrepartie ? Sans assurance d’apprécier ne serait-ce qu’une parcelle de ce qu’il semblait lui promettre ? Trop ignorante en la matière. Le prix est trop élevé pour une prétendue dose de plaisir. La chair ne lui appartient pas par contrat, ni même par demande officielle, pourquoi devrait-elle la lui céder ? Mais elle n’expose pas ses craintes et vérités, n’en a pas même le temps tandis que la paume se serre sur sa gorge, que la main qui a pour habitude de tenir la baguette est toute aussi prisonnière. La pression la pousse à reculer pour porter la silhouette hors d’atteinte de tout secours. La surprise la laisse un instant en panique, le palpitant s’agitant furieusement sous sa cage, martelant jusqu’à atteindre la chair, ne s’apaise pas sous la menace physique qui perdure, tandis que la paume libre cherche à dégager celle qui enserre son cou. La poigne, trop habile, ne la laissera pas sauve, pas plus que le faciès qui se dresse définitivement face à elle. Impossible d’esquiver plus longtemps l’acier qui darde ses prunelles, qui semble vouloir assassiner son être. Les jambes flageolent un instant, l’estomac se plombe plus que jamais. Elle pourrait se noyer dans ce regard sans jamais vouloir s’en défaire, et pourtant, le céruléen bat des cils, retrouve une certaine contenance. Il a suffit de quelques mots pour cela, d’une atteinte à ses rêves et ses cauchemars. D’une menace subtile et bien marquée sur sa chair.

« Qui menace l’autre maintenant ? » gronde t’elle entre ses dents, murmure destiné à ne pas alerter leurs pairs. Il susurre le perfide, de faire appel à la règle de bienséance, se persuade sans doute que la Rosebury n’est rien de moins qu’une parfaite demoiselle soumise, candide et bien vulnérable. Ce serait pourtant si facile, et convenable. Elle n’a pas perdu de temps à analyser la situation, analyse rapide. Un art qu’elle a apprit à développer grâce à sa profession : raisonner rapidement pour agir efficacement. Trois solutions pour changer son regard sur sa personne, une paume libre. Pas la plus efficace pour le menacer d’une baguette, ce qui rendrait une échappatoire impossible si d’autres venaient à les rejoindre sur ce maudit balcon. La gifle, assurément, serait une excellente solution, mais aussi révélatrice d’une atteinte personnelle de l’homme sur elle dans le même cas de figure. « Ne faites pas l’erreur de me croire faible Monsieur O’Hara. » laisse t’elle échapper, la prunelle, se faisant aussi dure que le saphir, tandis que le talon s’enfonce dans la chaussure de son vis-à-vis, escompte une douleur suffisamment vive pour qu’elle puisse se dépêtrer de la situation dans laquelle elle se trouve. C’est suffisant sans doute pour relâcher au moins la pression sur sa gorge, et se débarrasser de cette paume brûlante, mais elle ne compte pas celle qui serre son poignet, la laisse prisonnière de la bête qui lui fait face. « Je ne serai pas votre catin d’une nuit. Vous voulez me voir dans votre lit ? Je vous en prie, trouvez du polynectar, une fille consentante et mes cheveux sont à vous. » gronde t’elle une nouvelle fois, conservant toujours le couvert d’un timbre ne laissant personne entendre le privé de ces révélations. « Vous voulez dévorer mes rêves ? Ils sont vôtres puisque vous y tenez tant ! »


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MessageSujet: Re: THE BLOODY THRONE — ERHEŸBE ROSEBURRY   Sam 24 Fév - 13:51

ERHEŸBE — Elle n’a qu’une phrase à prononcer pour se défaire de la situation, pour retrouver sa chair dépourvue de la sienne, hélas, c’eut été faire appel à la lâcheté, c’aurait été fuir un combat contre une bête, fourberie jamais exaucée. Et qu’aurait-elle gagnée alors, sinon l’irrespect de son vis-à-vis ? D’une vue d’ensemble pourtant, la situation n’est pas plus glorieuse, piégée tel un oiseau dans la paume de l’autre, incapable de prédire avec certitude de sa liberté future ou de l’emprisonnement à vie dans une cage. Mais sous la menace de la chair et des mots, le cœur s’affole de deux façons, chancelant entre la panique sourde ou le trouble de sentir cette peau frôler la sienne d’une manière tout aussi indécente que celle pour laquelle le cerbère s’est rapproché d’elle. La réelle logique préfèrerait la première solution, la plus plausible et celle qui n’est pas soumise au défi de deux impudents d’antan. Un effet dont la pieuse n’est pourtant pas au fait, dimension dans laquelle elle n’a pas existée, et qui la rendrait certainement au bord du désespoir si elle était un tant soit peu au courant. Une vérité cachée, à venir peut-être, et qui viendrait expliquer les débordements dont elle est le centre. En attendant cette heure, la belle aspire à la liberté autant que de se lover dans la cage dorée, sans jamais rien montrer d’autre que la combattivité pour laquelle on l’a élevée, montre les dents et cherche à repousser son assaillant.

Elle gagne un bref moment de répit par son action, n’en esquisse aucune autre capable de prouver au mondain la teneur de la conversation entretenue sous le couvert des murmures et du secret. Elle n’est pas plus libre, la paume se resserrant sur son poignet, sans aucun geste pour s’en défaire, à peine une grimace sous le lien qui se resserre, quand ses lèvres font échos à ses pensées. Des secondes écoulées à peine une minute avant que de nouveau la gorge ne soit prisonnière et que le faciès ne s’approche de trop, les lèvres pratiquement collées aux siennes, s’arrogeant un droit pour lequel son battant de nouveau s’affole, sans qu’elle ne puisse exercer son droit au retrait, tenter de tourner le visage ou s’éloigner de celui qui se fait trop proche du sien. La menace achève de la laisser tranquille, tant elle tient à la vie qu’elle trouve agréable malgré ses défauts. « Et je vous trouve méprisable ! » souffle t’elle en retour, ne pouvant empêcher la prunelle céruléenne de se faire tout aussi féroce que les lèvres qui vocifère sa rancœur de se trouver dans cette position, à la merci du cerbère. Mais l’est-il réellement, infâme ? Ses lèvres si proches des siennes lui donnent cette envie de lancer les siennes à l’assaut des siennes, d’y trouver son premier baiser et d’en juger la saveur. L’audace provoque une bouffée de chaleur qui remonte certainement jusqu’à ses joues, tandis que la gorge s’assèche. De nouveau, ses propres phalanges se posent sur la main qui la fait prisonnière, pour s’en défaire. Une excuse de plus pour frôler le derme, jusqu’à ce que ses ongles qu’elle ne porte pourtant pas trop longs ne viennent mordre la chair offerte. « Vos maitresses ? Et vous osez vous en vanter ? Une parmi tant d’autres pour quoi ? Un nom de plus oublié sur votre tableau de chasse ? » La sombral est piquée au vif, tout autant que l’oisillon qui continue de battre contre sa cage.

Mais déjà la conversation dévie et l’injure est oubliée au profit d’une autre, à laquelle elle demeure silencieuse. Elle n’a jamais porté d’attention aux ragots et murmures qui portent sur sa famille. Pourquoi tenter de contrer le vrai ? L’inceste n’est pas un secret, mais sa propre lignée ne fait pas partie des déviants, le père ayant choisi une créature venue d’ailleurs pour engendrer ses enfants. Elle-même n’a pas l’intention d’épouser un cousin pour perpétuer la famille, ouverte à d’autres propositions d’alliances, pour peu que les Shafiq n’en fassent pas partie. Mais l’insulte est lancée, assassine l’autre d’une prunelle devenue sombre. Elle ne rétorque rien pourtant, laisse le maitre des piques continuer son attaque. Il n’y a pas meilleure défense en cet instant que le silence, pour lequel elle montre un visage fier. Elle aimerait ne rien rétorquer, ne pas répondre à cette attaque et pourtant, elle ne peut s’en empêcher l’héritière. « Quel gentleman vraiment. Si c’est là votre façon de séduire, je m’étonne que vous ayez tant de maitresses. » raille-t’elle Elle déserte la peau qui l’enserre pour mieux serrer le tissu de sa robe, compte mentalement pour ne pas perdre plus la face, jusqu’à ce que la chair vienne frôler plus encore la sienne. Pas tout à fait un baiser, seulement l’ébauche qui fait quitter le sang de son visage, la crainte de céder à la tentation qui lui est offerte. Une simple impulsion en avant suffirait à obtenir ce qu’elle aspire sans comprendre pourquoi. Mais n’en fait rien, écarquille les prunelles sous les derniers mots du maitre, retrouve sa liberté comme si de rien n’était et vacille, la main portée à sa gorge, frôle le cordon noir qui s’y trouve.

Bien entendu, personne ne vient à la rescousse, et déjà, elle se redresse, lisse le tissu de sa robe avant de retrouver sa place de scène, les phalanges dérobant la coupe qui est restée à son exacte place pour vider le contenu, laver les lèvres de la souillure de son adversaire. Mais les faits sont là, l’homme s’en tient à son serment. Premier rêve pratiquement dévoré. Elle inspire l’insouciante, mais le parfum du vis-à-vis embaume son air vital. « Vous ne me laisserez pas, n'est-ce pas ? » s’inquiète t’elle, sans plus tourner son visage vers le sien, lui faisant de nouveau dos. Pas tant par manque de respect que par souci de se préserver.
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